Ça vient d’où cette idée de malterie?


Si vous avez le goût de vous faire raconter une histoire, vous êtes à la bonne place!

Si c’était plutôt la mission de MaltBroue ou nos étapes de développement, suivez les liens!

Reculons dans le temps voulez-vous? Près de 20 ans en arrière en fait…! Une maison, le 9 à 5, les enfants, une vie faite de routines quoi! C’était notre vie à Dany et moi.

Mais Dany, c’est un gars de projets. Tellement qu’il avait même entrepris de creuser un drain autour de la maison à coups de pelle et de pioche!

On habitait alors au pied du mont Rigaud. Pensez-vous qu’il n’y avait que de la terre facile à pelleter?

Aujourd’hui, sur la ferme, c’est “facile”. On sort le tracteur, la mini-excavatrice et go!

Enfin, bref. Dany a grandi sur une ferme. Son terrain de jeu c’était le garage, les champs, la forêt. On retournait sur son terrain de jeu quelques fois par année pour aller voir ses parents. Pour moi, la petite fille de la ville, qui ai grandi en banlieue de Montréal, la ferme des parents de Dany c’était un endroit bucolique pour prendre des vacances en campagne.

Pas pour y vivre.

Mais après la naissance de notre 2e enfant, j’ai commencé à voir la vie autrement.

J’ai dit “oui”

Un beau jour ensoleillé de juillet, alors que nous avions laissé les bébés à mamie et que nous étions partis nous promener dans le champ, avec une vue magnifique sur le lac Témiscouata, j’ai dit « oui ».

Pas pour le mariage là! Ça, c’était déjà fait 😉

J’ai dit « oui » pour une nouvelle aventure.

De toute façon, j’étais prête à suivre mon chum jusqu’au bout du monde! C’est ce que j’avais fait littéralement quand il m’a annoncé, quelques années plus tôt, qu’il allait faire un stage d’études en Chine.

Il revenait à peine d’un stage d’études en France et voilà qu’il partait encore. Ça va faire, les amours à distance, je lui ai dit : je pars avec toi! J’étais prête à partir de nouveau, mais cette fois-ci c’était juste à 6 heures de route à l’est!

Les choses ont été TRÈS vite à partir du moment où on a pris la décision de changer de vie. Nous avons laissé nos emplois, vendu notre maison et nous nous sommes installés dans notre nouveau cocon.

Un cocon, c’est petit.

Nous sommes passés d’une maison à un 4 ½ avec deux enfants. Parce qu’il faut dire que le père de Dany n’y croyait pas trop quand on lui disait qu’on voulait reprendre la ferme.

Jamais Dany n’avait montré de l’intérêt pour la chose avant.

Et là, coup de théâtre! Sortez les tambours et les trompettes, on s’en venait!

Avec le recul, on a compris qu’on a vraiment bousculé les parents de Dany. On devait toujours bien laisser le temps à mes beaux-parents de se trouver une nouvelle maison et à mon beau-père d’apprivoiser le fait qu’il allait quitter le domicile qui l’avait vu naître. Même si s’était pour s’installler quelques kilomètres plus loin.

Bien sûr, c’était pour eux un rêve de voir l’un de leurs 4 enfants reprendre la ferme.

Mais ils n’y croyaient plus.

Et tout d’un coup, on leur demandait de partir pour nous laisser la place. On voulait faire une malterie.

Une quoi? Une malterie

À partir de ce jour, on ne compte plus le nombre de fois où on a expliqué ce qu’est le malt.

Pourquoi une malterie? Si c’était simple, pourquoi personne ne l’a fait avant nous? Tu n’aimes pas mieux te trouver un travail chez « Cascades »? Tu pourrais avoir un bon job là-bas.

Il s’inquiétait mon beau-père… Nous, naïvement, nous pensions qu’en deux ans tout serait réglé et que nous ferions de l’argent.

Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! HA! HA! HA! Ha! Ha! Ha! Ha!

Ben quoi? C’est bien pour faire de l’argent qu’on part en affaires, non? Enfin, si c’était notre seule motivation, ça ferait longtemps qu’on aurait mis la clé dans la porte.

D’abord, entre l’idée et la vente de nos premiers malts, il s’est écoulé 6 ans. Ensuite, en 2008, année où l’on a débuté les ventes, il n’y avait que 32 microbrasseries au Québec.

32 CLIENTS POTENTIELS SEULEMENT !!!

Voulez-vous bien me dire comment on a fait pour convaincre plusieurs partenaires de nous financer? En plus, la tendance pour les achats locaux n’était pas encore très présente et les brasseurs avaient peu confiance au début.

Plusieurs années de vache maigre devant nous… Plusieurs années à cumuler les emplois pour payer le développement de notre entreprise. Plusieurs fois où on s’est demandé si on ne devait pas tout lâcher.

En fait, si on avait écouté la tête, on aurait dû arrêter.

On a décidé d’écouter notre cœur.

Parce que l’entreprise est dans la cour arrière de la maison. Parce qu’on avait TOUT investi dedans et que si on arrêtait on perdait tout.

Parce que, malgré tout, on y croyait.

10 ans plus tard, le nombre de clients potentiels s’est accru de 800%, au Québec seulement, et en comptant seulement les microbrasseries. Il y a aussi les distilleries et d’autres débouchés intéressants pour le malt, ce que nous n’avions pas étudié au départ.

On a eu raison d’y croire.

Est-ce facile pour autant?

Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! HA! HA! HA! Ha! Ha! Ha! Ha!

Non.

Être en affaires n’est jamais facile.

Mais c’est passionnant 😊